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La Conchita Paradise
par: Christina McPhee
traduction: Molly McPhee
La Conchita mon amour
(2005-2008) est une étude des
lieux impactés par des débris mortels à la ville
de La Conchita, 160 kilomètres au nord de Los Angeles en Californie.
Le titre rend hommage à "Hiroshima mon amour" d'Alain
Resnais et Marguerite Duras (1959). Selon la théorie courante,
un éboulement de débris en 1995 ne s'est déversé que
de dix pour cent de sa masse potentielle, ce qui mène à la
possibilité que l'éboulement qui l'a suivi en 2005
existe comme remobilisation ou sequelae de celui de 1995. Les résidents
de La Conchita habitent autour d'une masse énorme qui n'a
pas encore été enlevée du centre de la ville.
Au mépris des ordres du gouvernement local de ne pas y passer,
ils ont converti l'éboulement de terrain en lieu de pèlerinage
et l'ont bouché avec des jardins improvisés. Une fois
par mois, au cours de l'année dernière, je prenais
en photo digital et [[format moyen- medium format?]] les sanctuaires
qui sont consacrés en style local aux morts du désastre,
au site d'éboulement-- les clôtures métalliques,
les décombres boueux, les charpentes de maisons détruites,
les toits, les murs de soutènement, les cours pour jouer,
cages à poules, les voitures défoncées. Pendant
ces visites aux moments silencieux du jour, j'établissais
un enregistrement en vidéo et en audio du pouvoir cyclique
des marées, des sons du freeway, et des voix des résidents
qui me conduiraient de temps en temps vers les endroits précaires
de la ruine. Au graphite et à l'encre, je dessinais des études
de mouvement prédicatif des éboulements de débris.
La Conchita transforme sa propre identité de ville en monument
moitié-privé, moitié-public, qui est continuellement
rénové et remplacé; les sanctuaires, ces lieux
de pèlerinage, en deviennent fragmentés, surécrits
par d'autres. Dans ses sentiments mêlés à l'égard
de la couverture médiatique, la ville témoigne de sa
propre "vie dénudée [bare life]" et, en ce
témoignage, rencontre dans le public une résistance
contre son oubli et sa négation. Une de ces résistances
devient "La Conchita mon amour." Je m'interesse à une
stratégie qui évite une simulation d'un visage, qui
refuse une couverture ou un reportage [sur] le désastre et
ses conséquences. Pour y arriver, ma résolution ne
doit pas déclarer une distance critique au-delà des
conditions du site; elle doit plutôt exister au sein de la
catastrophe continue, même jusqu'à ce que je choisisse
m'exposer et tente de neutraliser la différentiation de mon
propre corps au milieu de l'éspace du site. Courir le risque
d'engager les restes du choc post-traumatique dans mon propre cerveau,
même de les inviter. Filmer ces images, les dessiner, reprendre
le logiciel, et la sortie agit comme un cycle récursif qui
simule les marées, prédit l'éboulement, la séismicité,
et le temps. Imiter les sanctuaires locaux, leur accumulation et
leur destruction, en créeant un palimpseste dynamique de données
visuelles à travers l'accident et l'instinct, l'effacement
et la réintégration. Pas pour l'effet mais parce-que
c'est un moyen d'intégrer des mouvements aux limites ou des
répercussions de visualisation post-traumatique.
Dans ses trios et quatuors, Shostakovich reformulait la terreur du
KGB en motifs complexes qui font allusion aux actions du KGB en les
mimant (le battement sur la porte, l'éclat de la porte). Shostakovich
déplace ces motifs et les enfonce dans des structures fugueuses
qui se reconstituent en réverbérations architectoniques à la
fois prédicatives et immortalisantes. Presque toxique, presque
extatique, un mélange de l'anticipation, de l'euphorie et
du désespoir en force une contemplation, aussi bien qu'une
identification à la douleur inimaginable au coeur de la composition.
La vie dénudée [bare life] existe toujours en dehors
de l'art. L'art entre les frontières de la visualisation traumatique
anticipe sur une différentielle de probabilités: la
peur et/ou la reconnaissance qu'on pourrait tous perdre, y compris
le moi comme sujet. [[Si on compose une fugue qui en développe
des differentielles relatives, et là-dedans on laisse remixer
des images, la récursion structurelle peut sembler jeter des
restes de 'la vie dénudée' du site. ]]
La Conchita souffre du désastre 'toujours-déjà.'
En tant que micro-manifestation de beaucoup plus grands scénarios
aux villes côtières comme New Orleans, La Conchita indique
tout de même les risques associés à la construction
sur la côte sud-californienne- les mêmes conditions qui
existent aux plus riches lieux- Malibu, Palos Verdes, Laguna Beach.
La différence reste que La Conchita, comme the Ninth Ward,
est pour la plupart pauvre. Elle a à sa disposition très
peu de ressources pour récupérer ses résidences,
son environnement construit, sa dignité.
En cherchant une façon de rendre le gouvernement local responsable
de tout ce qui s'est passé à La Conchita, les résidents
me demandent si je ne pourrais pas faire un film, et les aider à désigner
'La Conchita' comme un symbole d'Americana. L'instinct leur dit que
la narration est essentielle à ce qui concerne le pouvoir
politique. Quand même si quelques-uns à La Conchita
démentissent l'instabilité inhérente à l'éboulement
ancien sous les pieds, d'autres reconnaissent que les risques liées à un
avenir qui compris toujours encore d'éboulements rendent la
localité incommensurable avec la reconstruction. Quoi qu'il
en soit, la seule réponse médiatique dont ils bénéficeriont
sera un reportage du prochain éboulement. Next slide, please.
Pour l'artiste qui fait face aux questions éthiques de la
production culturelle dans ces conditions de la vie dénudée
[bare life], quelles sont les implications pour la pratique? Comment
l'intervention de l'artiste ou du designer aux sites à la
fois traumatisés et expressifs de la vie nue implique-t-elle
un éthique d'exposition? Comment produire le récit
d'un lieu de catastrophe continue où le spectacle se trouve
occlu? Existe-t-il un moyen d'échapper à l'anesthésie
des nouvelles du jour, et ses traces sur le réseau internaut?
Qu'est-ce qui se passe quand un endroit perd sa capacité à construire
sa propre identité, et quelle espérance y a-t-il pour
la vie de cet endroit et de ce peuple, pour la récupération
d'identité à l'intérieur d'une condition d'évacuation?
<1> Se révéler
Y a-t-il, comme le leitmotif
de Documenta 12, "Bare Life," suggère, une equivalence "as
in sexuality, [that] absolute exposure is intricately connected with
infinite pleasure...a lyrical or even ecstatic dimension" et
pour en passer au-delà, que l'art "dissolve[s] the radical
separation between painful subjection and joyous liberation?" Michelle
White demande "what it means when people decide or are forced
to become visible in the world." (-empyre-, juillet 2006). Si
on enregistre, observe et si on entre dans l'étude du site
topographique, ce site d'un traumatisme continu, on choisit accèder à une
condition de visibilité et de révélation qui
approche à celle du sujet 'traumatisé.' [À dire
vrai] le regard prétend son autonomie toujours en dehors du
site. Afin qu'il ne faut pas être touché par le site.
Pourtant on n'en peut pas rester en dehors. L'éboulement pompe
l'énergie. Mais il y a la mort à son fond. Pour se
conserver la vie il faut travailler au dehors la douleur des traces
du traumatisme, et au même temps il faut éprouver le
corps à proximité d'un éspace de rupture.
Je réfléchis à la série des images "Silueta" d'Ana
Mendieta. Elle découvert un geste relationnel dans la performance
de son corps boueux qui se fond avec la pente d'un escarpement ou
d'un fosse dans la terre. Le geste relationnel passe outre à l'horreur
de la perte d'identité. L'image n'est pas possible comme phénomène
singulier dans le contexte du traumatisme car si elle en serait,
il y aurait l'assertion d'un regard direct- ce regard n'est pas possible
sans anéantissement; cela comprendrait une plaisir-douleur
infinie: en termes mythiques: la Méduse. On se change en pierre à la
vue de la Méduse, ou autrement dit, avec son regard. On ne
peut la voir qu'indirectement, par miroir. Une correspondance liminale
ou bordée, un site qui reflète (dans le digital) au
site originel. Pourtant il se passe quelque chose en plus: la reintégration
digitale des images du traumatisme crée une boucle differentielle,
qui n'articule pas seulement le miroir maintenant, mais une déstruction
et une renaissance de chaque image comme nouvelle singularité,
anomalie étrangère. L'extase mais légèrement éloignée:
le déplacement.
<2> La diagramme et la voile
Dernièrement je réfléchis
aux diagrammes. La façon dont la photographie et son remix
digital effectue une disparition des faits d'un lieu et leur subsummation
sous le code. Les ambiguïtés visuelles, auxquelles l'oeil
humain attribue une signification, se réduisent au cliché.
Le désastre devient pornographique: aller le regarder, le
prendre en photo, le retaper en Photoshop, distribuer ses images.
La banalité du logiciel garantit son atténuation. C'est
trop prévisible. Si on éclate [ouvre] les milles feuilles
de l'image documentaire, une bizarrerie se manifeste. Le phénomène étrange
de la naissance d'une zone visuelle se déroule, une anomalie,
pendant que j'explore les traces architecturelles de mes films scannés
et de mes fichiers digitaux. Je fais mention de la diagramme. J'y
pense dans le sens qu'introduisait Deleuze à l'égard
des peintures de Francis Bacon, dans son livre "Logique de la
Sensation." On commence avec toute la potentialité; du
point zéro, on commence à graver, à faire des
lignes, à déchirer, à couper, et de ces actions
procède quelque chose qui se refuse à partir. Deleuze
l'appelle la diagramme. Laissée à soi-même elle
devient le monstre dans le jardin, elle gaspille le quadrillage de
la toile. D'un point de vue psychologique, la diagramme peut effrayer,
peut paralyser; avec sa malléabilité elle est une projection
aussi, comme un test de Rorschach; un méchanisme inconvertible
qui retourne aux yeux et aux mains de l'artiste d'une manière
presque extraterrestre.
Les images du désastre deviennent pornographiques presque
par défaut, en tout cas on ne s'approche jamais du lieu traumatisé sans être
en quelque façon impliqué. Cette impression d'être
impliqué dans le désastre est dans ses répercussions
a à voir avec l'apparition de la diagramme. Quelque chose
se passe alors qui n'en était pas prévisible. Curieusement
la diagramme se manifeste-t-elle à un lieu où on ne
l'avait pas attendue, l'espace familier du logiciel graphique. À l'intérieur
d'une connaissance qui assimule et consomme tous déjà en
forme d'apparition ou d'effet fantôme, la catastrophe pictorielle-sensationnelle
est surécrit par quelque chose d'autre, quelque chose qui
en est moins.
La diagramme apparaît comme offense à l'image. Elle
rejette La Conchita, elle me rejette. Elle ne permet ni à la
pornographie ni à l'articulation en général.
Pourtant il n'existe aucun passage à travers la diagramme
sans la chirurgie. On commence à couper dès qu'on arrive à un
niveau d'ennuie et de frustration insupportable, un niveau qui s'équivaut à la
force repoussante de la diagramme. Chose curieuse, la diagramme s'est
révélée dans une expérience éléctronique
pendant que je travaillais les vidéos de La Conchita mon amour
avec un système de montage analogue (destructeur), le séquenceur
Jones, au Experimental Television Center à Owego, New York,
en novembre 2005. Au début, pendant dix heures, il n'y avait
que de chaos au hasard, mais le séquenceur m'a surpris lorsqu'il
avançait un rythme récursif (développé des
quatres flux vidéo que j'y avais introduits); un rythme à une
telle conduite visuelle qu'il donnait l'impression de s'exploser
psychotiquement. Le genre d'espace qu'il produisait en était
un où le spectateur ne pouvait guère se manoeuvrer,
ni poser des questions, ni rester en rêverie. Impossible de
le regarder. Il m'a sauté aux yeux. Plus tard j'ai recoupé cette
séquence en utilisant un logiciel de montage non linéaire.
Les images [the frames] commençaient à faire place, à respirer.
Il se peut que la diagramme soit une apparition qui émane
de ma douleur inconsciente. Il se peut qu'elle arrive en manière
d'une membrane semi-perméable entre les sensations d'une présence
traumatisée- la douleur au fond d'un paysage de violence -et
l'oubli de ces mêmes sensations. Je me demande si la diagramme
ne soit le scalpel autant qu'elle fasse partie de la membrane de
l'oubli car elle s'impose si dérangeantement (ainsi à la
conchita right to pass). Les conditions de la prédiction relative
remplacent les sentiments, découpés. Je sens que ma
connaissance perd la vision (non pas l'ouïe) à l'intérieur
de la diagramme. Du montage linéaire-analogue au montage non
linéaire-digital, le sens de lieu dans l'image digitale de
La Conchita agit comme un labyrinthe qui me bloque complètement
la vision, où une suite de passages aveugles sortent par le
toucher, par la caresse du clavier, comme une voile lancée
par-dessus la sortie.
<divulgation et résistance>
La Conchita enregistre des
paysages d'information au-delà de ce que divulgent les indices
visibles et evidents. Le site est marqué par les mathématiques
invisibles de dérèglements de terrain à grande échelle,
résultant d'événements sismiques (une faille
qu'on appelle Red Mountain Fault s'étend à travers
la falaise où La Conchita est situé), aussi bien que
d'événements du marée modifié à présent
par la montée des températures marines depuis les années
soixante-dix; et puis il y a le paysage de data politiques: les résidents
sont abandonnés à leurs propres ressources et cherchent
une récompense en montant des procès contre le gouvernement
local; quelques-uns croient que les avocateraies au sommet du [rincon]
ont précipité une érosion, suivée par
les éboulements; d'autres parient leurs propriétés
au marché immobilier à l'exemple de la mémoire
courte et luxe de la côte californienne qui lui donne sa notoriété.
Le gouvernement peut apparemment très peu faire; l'atmosphère
légale est controversée à cause du fait que
le manque d'une éthique commune permet à la dissolution
des environs construits en conflit factieux, voisin contre voisin,
rue contre rue. Le long de plusieurs allées, ombreuses du
bougainvillier étendu contre le soleil intense, l'épave
de bois récupéré, les cuviers, les planches
de surf et le grillage en plastique improvisent des extensions aux
abris minimaux et aux cottages en appentis.
Autant que possible, les gens vivent de leurs propres ressources
[I don't know how to translate off-grid exactly- do you mean sans électricité.
Original sentence: People live off grid here as much as they can];
en effet ils me racontent souvent qu'ils choisissent y habiter même
avec la certitude du retour des orages en hiver qui pourraient provoquer
un autre éboulement de débris. Ils refusent d'être
interviewés par la presse et la télévision grand
public. Leur image du paradis est [off grid]. Entre eux, quelques-uns
croient que les renseignements géologiques sont en fait des
fabrications, sponsorisés par le promoteurs qui y construiraient
un grand hôtel après que leurs propriétés
ne soient condamnées. Quelque chose a changé ici. Parieant
contre les probabilités, les habitants font face au désastre
en le décorant. La Conchita semble dire: nous sommes ici,
nous sommes forts, nous avons une communauté, nous habitons à la
lumière; et nous vivons sans un demain. La communauté ressemble
parfois à la même coquille dûre et fermée
d'où elle dérive son nom. Nous nous rencontrons dans
nos essais à créer un sens au sein d'une condition
marginale qu'on chérit autant qu'on la fuie. Beaucoup disent
qu'ils y mourraient avant qu'ils ne partent. Peut-être qu'ils
s'imaginent la mort au prochain éboulement. L'éboulement
garantit un sentiment d'être hors de systèmes.
La Conchita résiste à la déshumanisation même
face à face avec la "révélation entière
de l'être." Au spectable du déstastre continuellement
subi, la ville résiste à l'accès aux mondes
privés derrière la rue principale qui borde le long
de la route, où le trafic entre en embouteillage tous les
week-ends pendant que les touristes dévisagent la sortie solitaire.
Au sommet de l'éboulement, les enfants d'un homme qui est
mort- un cascadeur retraité, je crois, de l'industrie du film
-ont construit un squat illégal, avec une plate-forme, un
tipi, des drapeaux à prières, et des plaques qui parlaient
de l'endurance de musique et d'amour. L'un d'entre eux m'a dit qu'ils
voulaient transformer l'endroit qui a enterré leur père
en quelque chose de positif, quelque chose de bien.
Au fil des mois, les vignes couvrent l'éboulement à l'été,
de géranium sauvage et des roses, et puis ils réculent à l'automne,
pendant que les herbes fleurissent et sont coupées pour que
le risque de feu soit gardé au minimum. Il faut franchir le
grillage que le gouvernement local a élevé. À La
Conchita, les réalités moroses et géologiques
sous-tendent les gestes de prière et de souvenir en style
local. Peut-être qu'il n'y ait aucunes conditions de rapprochement
avec l'avenir précaire de La Conchita, mais les gens sont
toujours à la réhabilitation de la ville, la rendre
un lieu vivant, un lieu qui fait une différence. C'est ce
que je veux, en suivant leurs chemins. Est-ce que l'art simule, également
est-ce qu'il stimule, une zone de retour - qui franchit le grillage
du site? Qui joue (et réalise) son propre devenir, et pendant
qu'il en est éloigné ["and at a remove"]?
Quand on prend l'évidence en photo, est-il pareil à la
suspension d'une chose sur une autre chose, comme un drapeau à prières
avec un coeur, sur un grillage à La Conchita?
N = La Conchita mon amour
Y a-t-il une voix de "La Conchita"?
Y a-t-il un lieu (N) dans l'ouïe, non pas dans la vue? À La
Conchita la photographie et le vidéo comprisent un grand risque.
Il semble qu'on s'inquiète beaucoup plus de l'enregistrement
de l'image que de l'enregistrement du son. Prudemment, parfois avec
méfiance, les gens me demandent pourquoi je le fais. Je trébuche
sur mes expressions d'un sentiment de respect à l'égard
de leur courage, mes impressions de leur résistance si mystérieuse
et si prévalente, face à face avec l'indifférence
politique et environnementale. Je ne sais pas comment expliquer.
Comment en parler. Le sens même du lieu me semble aphasique.
La condition crée une opportunité. Il semble qu'il
y ait une occasion pour l'entrée en murmures de la voix du
lieu, en sons cycliques. L'environnement sonique à La Conchita
reste remarquablement équilibré durant toutes les saisons:
le même grondement de la route, les passages fréquents
du train, les sons du ressac, et les vents marins se mélangent
avec la résonance des rires des enfants et parfois d'une motocyclette.
Remixer ces sons dans un paysage sonique en utilisant des extraits
de son enregistrés à l'époque de l'éboulement,
un pli dans l'ambience comme un post-image ou une overdose; le choc
des sons de l'éboulement commence à agir à intervaux,
les sons couchés dans les ondulations placides et sinistres
de la normalité. Ces sons comme un espace-N au fond de l'au-delà à La
Conchita. Les voix de La Conchita élident les limites d'un
lieu qui continue à glisser, peu importe le moyen dont on
essaie de l'attraper, le garder, le protéger. N=mon amour.
En quel sens existe-t-il une spiritualité de La Conchita?
Dans la ritualisation de l'éboulement, en quelque sorte comme
une espérance, que "nous ne sommes pas seuls." Même
quand le gouvernement néglige d'aider; même sous les
ciels agnostiques et les orages féroces de l'hiver qui hâtent
la dissolution des rincons.
Christina McPhee 2007
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